jeudi 24 septembre 2009

Le Salon de Musique/Dans la Brume Electrique (20/22 mai 2009)



Le Salon de Musique (Jalsaghar) de Satyajit Ray (Inde/1958/100’’/35mm/N&B/VOSTFR).
J’ai eu la chance de voir ce film dans la petite salle de cinéma (une 100aine de places environ) du ciné-club de l’université Paris 8, dans une très vieille copie bien abimée qui risquait de lâcher à tout moment, alors qu’il faisait chaud et sombre et que le soleil cognait fort dehors. On a quand même fait le pari avec le projectionniste de laisser tourner jusqu’à la fin pour le voir en entier. Tout s’est heureusement bien passé, même si à chaque craquement ou saute d’images, l’état du film (’’niveau 4’’ selon Patrice le projectionniste*) semblait irrémédiablement catastrophique. Mais bon, c’est un véritable plaisir d’admirer avec enchantement, malgré ces conditions, ce classique du cinéma indien, premier film de Satyajit Ray que je regarde (et 4e de sa filmo).
[Piqué au vif par l'arrogance d'un voisin parvenu, un vieux seigneur ruiné sort de sa mélancolie pour s'adonner une dernière fois, par-delà le deuil de sa femme et de son fils, à sa passion de la musique.
Avant de tirer sa révérence, il invite, dans son prestigieux salon, la beauté incarnée et un orchestre talentueux.
-Scénario Satyajit Ray - D’après une histoire de Tarashankar Banerjee
-Musique Ustad Vilayat Khan - Photo Subrata Mitra - Montage Dulal Dutta -Son Durgadas Mitra
- Acteurs Chhabi Biswas, Padma Devi, Pinaki Sengupta, Gangapada Bose, Tulsi Lahiri, Kali Sarkar, Wahed Khan, Roshan Kumari.
]*
http://www.satyajitray.org/
http://www.imdb.com/name/nm0006249/
http://www.imdb.com/title/tt0051792/
http://www.3continents.com/data/document/06-festival-ray.pdf [*]
http://www.objectif-cinema.com/spip.php?article4117
http://www.cineclubdecaen.com/realisat/rays/salondemusique.htm
*selon Patrice toujours, « niveau 5 correspond à de la pellicule bonne à jeter ».
Un film magnifique et long (certains plans durent le temps d’une chanson que l’on écoute avec eux), avec des
temps (et leur traitement) qu’on oublie beaucoup et qu’il est bon de prendre le temps de retrouver.
Ça change des films de Hong Kong avec 50 plans à la minute. Somptueux et à la fois très austère, à l’image de ce seigneur mélomane pour qui la seule passion est d’écouter de la musique et de d’offrir de merveilleux concerts à ses invités, le noir et blanc est parfait, les scènes finales sont formellement puissantes (le lustre en cristal qui balance, l’ivresse du héros et sa mort), le jeu sur le(s) temps (on pense à Citizen Kane d’Orson Welles, par ces flashback et l’apogée et la déchéance du personnage qu’il dépeint), ce film a surtout une forte attraction par sa musique totalement envoutante et lancinante, à tel point qu’on comprend sa passion pour ces récitals et concerts.
Un très beau film parmi les grands classiques du cinéma mondial, qu’on a eu de la chance de voir en entier.




Dans la Brume Electrique de Bertrand Tavernier (USA-France/2009/117’’/35mm/Vostfr).
[New Iberia, Louisiane. Le détective Dave Robicheaux est sur les traces d’un tueur en série qui s’attaque à de très jeunes femmes. De retour chez lui après une investigation sur la scène d’un nouveau crime infâme, Dave fait la rencontre d' Elrod Sykes. La grande star hollywoodienne est venue en Louisiane tourner un film, produit avec le soutien de la fine fleur du crime local, Baby Feet Balboni. Elrod raconte à Dave qu’il a vu, gisant dans un marais, le corps décomposé d’un homme noir enchaîné. Cette découverte fait rapidement resurgir des souvenirs du passé de Dave. Mais à mesure que Dave se rapproche du meurtrier, le meurtrier se rapproche de la famille de Dave... D'après le roman Dans la brume électrique avec les morts confédérés de James Lee Burke.]*
Ça faisait longtemps que je n’étais pas allé au cinéma, Laurine m’emmène donc voir le dernier film de Bertrand Tavernier, cinéaste et critique français qui connait bien les Etats-Unis (50 ans de cinéma américain aux éditions Omnibus). Dans la Brume électrique est un film tourné aux States, en l’occurrence en Louisiane, avec une équipe à la fois française et américaine, ce qui lui donne une double personnalité. Ce film a donc deux facettes, puisque deux versions, une pour les USA, et l’autre voulue par Tavernier, distribuée dans le reste du monde. Ce fait intéressant est d’ailleurs détaillé dans cet article du monde (1), qui parle des problèmes rencontrés par Tavernier, réalisateur français, lors de son « rêve américain », notamment avec le producteur Michael Fitzgerald.
Le réalisateur sait poser une ambiance lourde et oppressante, à l’image de cette brume du Bayou, parfois onirique (les séquences avec le général), parfois opaque et sombre. Mais pendant 2 heures, jusqu’à la fin, on attend un dénouement, une conclusion, qui au final ne viendra pas. Et j’avoue Tommy Lee Jones, malgré son rôle convaincant et sa carrure d’ancien (vieux bonhomme fatigué de la vie, du racisme et de courir après les criminels, une sorte de héros à l’ancienne avec un fort sens individuel de la justice, idée reléguée par le général ou son fantasme), a quand même carrément moins la classe que son collègue Clint Eastwood (dans Gran Torino). Sinon, une bonne prestation, un bon film (il y a des choses intéressantes dans ce film brumeux, comme la bonne idée de la photo souvenir avec le général, et tous les jeux de brume, de lumière, d’obscurité, de caché et suggéré) qui m’a cependant pas mal déçu et laissé sur ma faim. De plus, c’est toujours énervant de payer 9 euros sans savoir ce qu’on va regarder et d’avoir l’impression de ne pas en avoir eu pour son argent.
Mais enfin, un bon film d’ambiance pour un bon polar dans le sud des Etats-Unis et ses marécages. N’empêche que j’ai en tête sur cette image de Tommy Lee Jones (dans un rôle strictement similaire) dans le plan final de No Country for Old Men des frères Coen. Cette fin interrogative sur cet inspecteur dépassé et fatigué préfigure et annonce l’enquête mystérieuse et inaboutie de Dans La Brume. J’ai quand même préféré 3 Enterrements…
http://www.premiere.fr/film/Dans-La-Brume-Electrique [*]
http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/04/11/dans-la-brume-electrique-un-conflit-deux-films-de-tavernier_1179644_3246.html (1)
http://www.surlarouteducinema.com/archive/2009/04/15/dans-la-brume-electrique-de-bertrand-tavernier.html
http://unregardunecritique.blogspot.com/2009/04/cine-dans-la-brume-electrique-de.html
http://www.froggydelight.com/article-6981-Dans_la_brume_electrique
http://www.6neweb.fr/?p=8060
http://publikart.net/dans-la-brume-electrique-de-bertrand-tavernier
http://ladiesroom.fr/2009/05/04/dans-la-brume-electrique-de-bertrand-tavernier/

Eddie, le 22 mai 2009.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire